Let’s go to India

Après quelques semaines de préparations (toujours à la dernière minute bien sûr…), voilà qu’arrive déjà le grand saut : « y’a plus qu’à ».

Après les « l’Inde, tu l’aimes et/ou tu la détestes », « j’ai adoré, ça m’a transformé », « prépares toi à un choc », « fais gaffe, une fille, seule… », « niveau hygiène fais très attention à la nourriture et prépares toi à manger bien épicé », « c’est le pays le plus sale que j’ai visité », « tu peux choper des maladies pour lesquelles il n’existe aucun remède, fais tes vaccins », « essaies le train tu verras c’est une super expérience », « méfies toi des chiens là-bas », « dis toi que le vrai prix est toujours au moins trois fois moins élevé », « les sourires sont facilement interprétés comme des invitations » …

On dit que deux femmes averties en valent mieux qu’une, je peux dire pour mon cas que j’en vaux bien trois ou quatre mais je ne suis pas certaine de m’épargner quelques bourdes quand même me connaissant…

Mais qu’allais-je bien faire dans cette galère ?… Ah oui, j’y vais parce que « j’ai fais un rêve ! »… Ou plutôt j’avais juste la bougeotte ? Bon comme il faut bien justifier un peu ses folies, ma mission, si je l’accepte encore : découvrir la technique artisanale et ancestrale de la teinture végétale sur tissus. J’en rêve depuis mes jupettes Ethos, une marque de prêt-à-porter bio-équitable pour laquelle j’ai travaillé pendant un stage de fin d’étude. Huit ans plus tard, enfin en route pour les ateliers.

Premier coup de flip de rigueur pour Madame « dernière minute » : je n’ai pas confirmé mon vol en ligne sur le site de Swiss Airlines…. Heureusement j’arrive avec 2h30 d’avance, ce qui me laisse le temps de relativiser en me présentant au guichet d’enregistrement des bagages… C’est bon, siège 33D, prête à embarquer.

Comme il fallait bien que je me fasse une petite frayeur quand même, en appelant ma filleule pour son anniversaire je quitte le fauteuil où je m’étais installée pour marcher un peu… en laissant mon passeport sur la table. Bien sûr lorsque je m’en rends compte il n’y est plus ! Et j’ai droit à mon premier « faites attention » du voyage de la part de l’hôtesse de l’air de ma porte d’embarquement qui l’avait récupéré. A quand la prochaine frayeur? Quand on cherche on trouve…

Après une nuit d’hôtel bien méritée (55 minutes de vol mais surtout plus de 7h pour le suivant), je suis de retour à l’aéroport de Zurich et m’amuse à deviner à la tête des gens ceux qui rentrent et ceux qui partent… Un sourire, elle part au soleil ! Un tronche d’enterrement, dur dur le retour, ou ah non, lui il bosse à l’aéroport… Résultat des courses : y a de la joie aux portes d’embarquement… Euh non même pas à quelques exceptions près…?

Et je me rappelle qu’il y a des phrases à éviter dans un aéroport à la vue de la tête de mon voisin du bureau de change telle que : « I’ll burn it ! ». C’était pourtant une super blague, même l’employée du comptoir a ri quand j’ai brandi le précieux reçu d’achat de roupies indiennes. Il faut savoir que l’Inde interdit l’achat de roupies à l’extérieur du pays, il me fallait donc effacer toute trace de mon crime…

Heureusement il y a les pubs suisses pour rigoler un peu.

L'humour suisse...?

L’humour suisse à l’aéroport…

Par contre pour l’escalade c’est raté…

Un spot bien tentant...

Un spot bien tentant…

Mais pas touche!

Mais pas touche!

Bravo l'artiste!

Bravo l’artiste!

Bon j’ai sûrement pas compris le vrai message, mais c’est ce qui est chouette avec l’art, on n’a pas besoin de comprendre pour apprécier.

Après un vol de nuit pour une escale à Zurich, je vois enfin le jour à travers le hublot.

La vue des plaines enneigées-sous grisaille m’est d’autant plus agréable à regarder que je sais que je ne les verrai plus pour très longtemps…

Vue de l'aéroport de Zurich

Vue de l’aéroport de Zurich.

Et une fois passé le ciel de plomb, je suis déjà au soleil...

Et une fois passé le ciel de plomb, je suis déjà au soleil…

En allumant l’écran de mon siège je sélectionne la rubrique « musique suisse », compagnie oblige, et tombe sur le nom d’un groupe qui sonne plutôt… Indien : 77 Bombay street! Vendu, ce sera mon compagnon de route.

Puis quand même, je finis par regarder un film, même si je m’étais juré de lire et boycotter l’écran.

 

Là encore, signe du destin ? Je tombe complètement par hasard sur un film qui commence à… Mumbai ! Pour se terminer en France. Avec ça si je suis pas prête pour y aller ! Hundred-Foot Journey restera gravé dans ma mémoire de cinéphile fleur bleue qui aime rire et pleurer en même temps… Vive la cuisine, vive la France, vive l’Angleterre et… VIVE L’INDE !

Quand tout à coup !

Voilà, atterrissage réussi (Thanks God!) : je suis en Inde…

Avant de fouler le sol indien, je me remémore une phrase « double choc quand tu débarques : le bruit, et l’odeur -ça pue- ». Héhé, même pas peur j’ai prévu mon roll-on aux huiles essentielles anti « ciel mes narines, je vais succomber », et pour le bruit… Heu pour le bruit faudra faire avec !

Résultat des courses : je l’aime bien cette odeur qui me rappelle celle qui m’enveloppe quand je descends de l’avion pour retrouver mon continent natal, l’Afrique. Et niveau bruit c’est largement supportable…

Grâce aux précieux conseils du Lonely Planet (merci mon ange gardien qui me l’a glissé alors que je faisais ma pro du voyage), je prends un taxi prépayé pour me rendre à l’hôtel YMCA conseillé par une amie locale (de Calcutta qui est quand même à l’autre bout du pays). J’avais d’abord réservé un hôtel à 10 minutes de l’aéroport mais le quartier ne m’enchantait pas et je préférais me rapprocher des endroits plus touristiques. Dans tous les cas, arrivant la nuit, je devrais prendre un taxi, alors autant aller au plus près des endroits que je compte visiter…

Premier « I’m the best in India» quand le chauffeur de taxi perdu s’arrête pour me demander la route et que c’est moi qui la trouve comme une grande (merci google map que j’avais redessiné sur mon carnet de voyage!).

Arrivée dans ma chambre, épuisée, je n’ai qu’une envie : douche dodo. La douche ce sera pour plus tard : pas une goutte au robinet… Seul hic, même fatiguée, le jet lag, la musique de l’ascenseur juste en face de ma porte et les corneilles ou je ne sais quel volatile m’empêcheront de m’endormir rapidement (ça s’arrête jamais de piailler ces bestioles!). Et clou du dodo : être réveillé à 4h du mat par ces mêmes oiseaux de m… Chose très inattendue tout de même : je fini par me lever en entendant aboyer au balcon. Aboyer ? Un chien ? Ici ? ? Mais pas du tout c’est mon ami le corbeau !

CorbeauMumbaiCentral

Le corbeau aboyeur de l’hôtel YMCA de Mumbai central

Lever à 8h30 (4h à Paris) dans un état… : on vient de toquer à ma porte.

C’est la livraison des journaux ! J’en profite pour demander comment on se douche dans une salle de bain indienne : suffit de tourner les robinets sur le côté de la douche, ils ouvrent l’eau chaude et l’eau froide, PUIS les vrais robinets. Aaaaaaaaaaaah:)

La lecture matinale me renvoi à une triste France…

Quand on parle de Marseille en Inde le 10 février 2015

Quand on parle de Marseille dans le Times of India le 10 février 2015.

…Des nouvelles rassurantes sur la condition des femmes en Inde (cas de viols et enlèvements en tous genres)…

…Et une Afrique comme on l’aime !

L'Afrique, le foot, la Côte d'Ivoire...

L’Afrique, le foot, la Côte d’Ivoire…

Heureusement dans MA vraie vie, les rencontres sont plus joyeuses…

Franck me rejoint dans 5 jours et nous avons prévu de visiter les grottes d’Ajanta, patrimoine mondial de l’Unesco, dont les peintures représentent les vies antérieures de Bouddha. Pour s’y rendre on opte pour le train… Je suis censée gérer la réservation depuis Mumbai avant son arrivée car acheter des billets de trains sur le net s’est avéré être une mission impossible malgré les bonnes intentions du service client de la IRCTC (compagnie publique de trains). AU petit déjeuner je rencontre Teddy, businessman de Pune en voyage d’affaires à Mumbai. Il propose de m’accompagner. Malgré les différences qui nous opposent (lui homme qui veut être riche en vendant terres agricoles à habitants de Mumbai déjà riches voulant villa secondaire à la campagne -je sens la verte qui bouillonne…-), il sera mon valeureux serviteur de la journée.

Service numéro un : aller au bon endroit…

J’avais naïvement pensé qu’en choisissant un hôtel juste en face d’une gare j’accéderai facilement à un guichet pour acheter mes billets de train. Que neni ! Ce n’est pas la bonne gare.

Heureusement Teddy connait la bonne et m’y emmène en taxi. J’insiste pour payer la course et il se met à me raconter une histoire : il était en voyage à San Francisco, seul, et perdu, quand il demande sa route à un homme qui propose de l’y emmener en voiture. Il réalise que l’adresse qu’il recherchait était à l’autre bout de la ville et ne sait comment remercier son chauffeur. Celui-ci lui répond : « pass it on » (rends le à quelqu’un d’autre), une jolie chaine à poursuivre… Dans la discussion, je raconte à Teddy que je voyagerai seule au nord de New Delhi après deux semaines de vacances dans le Sud avec mon mari (pour voyager seule plus tranquillement je porte une alliance. Et Franck et moi serons donc mari et femme en Inde, ce qui n’est peut-être pas plus mal car on me prend facilement pour une indienne et Franck, avec sa jolie gueule d’américain tête à claque pourrait facilement passer pour un proxénète…). Il me conseille de faire « particulièrement attention quand je voyagerai seule dans le nord. Ici à Mumbai, c’est ok et le sud est plus sûre mais le nord, c’est différent».

Service numéro deux : on arrive à la minute près à l’heure de la pause déj (de 11h50 à 12h10…), en attendant j’irais bien m’acheter un carte sim locale…

Mais ai-je pensé à la photocopie de mon passeport et de mon visa qui me seront réclamé ? J’en ai juste une pour le voyage au cas où je perds l’original. Heureusement Teddy sais où aller pour faire les précieuses photocopies fissa fissa.

Service numéro trois : négocier le prix de la carte sim…

Hein même ici faut marchander ? Non, ici c’est 300 roupies (env. 4,5€) et pis c’est tout. Mais Sonu, l’employé de Airtel m’a déjà bien aidé en me trouvant un endroit où faire la photo d’identité indispensable au dossier de la carte sim, un photomaton artisanal où j’ai même droit à quelques retouches et un développement en moins de 15 minutes. Sonu me propose aussi de me faire « visiter les plus beaux endroits de Mumbai ». Je le remercie en expliquant que je préfère attendre mon mari pour visiter ces endroits mais qu’en revanche je suis à la recherche d’une teinturerie végétale. Il me répond qu’il en possède justement une… Je n’insiste pas j’ai compris, être mariée n’est pas suffisant : dommage de toujours avoir ce fichu doute d’une possible drague plus qu’une aide désintéressée.

Service numéro quatre : comprendre l’employé du guichet de la gare.

Ok il parle anglais, moi aussi mais c’est bête, je comprends rien… Heureusement Teddy est traducteur d’anglais indien à anglais spécial touristes ! Premier essai loupé : pour acheter les billets à l’avance j’ai besoin de mon passeport ET de celui du second passager. En revanche, dans deux jours le 12, j’aurais accès à un quotas pour lequel seul mon passeport est nécessaire….

Bref, pour aujourd’hui, merci Teddy le chevalier servant, qui en a quand même aussi profiter pour faire du shopping (une contrefaçon d’une montre suisse… et des slips ???) et merci Sonu, le vendeur de carte sim bien patient avec la touriste qui hallucine devant toutes les info à préciser pour acheter une puce de téléphone (mais un peu trop lourd sur la drague à mon goût quand même).

AmisMumbai10fév15

De gauche à droite : Teddy, le vendeur de montre, et Sonu

Je clos l’après midi avec un nouveau numéro, deux rencontres sympathiques, trois locaux qui me prennent pour une indienne (dont une employée de supermarché qui m’aborde en Hindi ou une autre langue locale)… mais toujours pas de billets.

Train pour Ajanta dans 4 jours : I’ll be back!

En attendant il est encore tôt (je n’ai pas encore assez confiance pour sortir la nuit mais le soleil ne se couche que dans deux heures), je sors faire un tour dans mon quartier. Et bien sûr ma manie de vouloir tout vérifier me pousse à écouter un autre son de cloche concernant les fameux billets de train. Je me rends à la gare de Mumbai central mais « ce n’est pas la bonne gare, il faut aller à la gare CST ». Bon j’ai eu tord mais au moins plus de doute!

Gare de Mumbai Central

Gare de Mumbai Central

Comme il me reste un peu de temps je décide de partir à la recherche d’un institut de beauté pour tester la fameuse épilation au fil typiquement indienne. Là aussi je ferai chou blanc : « plus personne ne fais cela »…

Je rentre à l’hôtel après un détour par la pharmacie où j’achète une crème miraculeuse contre les piqûres de moustique conseillée par une amie (Odomos), ma seule arme contre le palu et l’encéphalite japonaise contre laquelle je ne suis pas vaccinée, et des boules Quies (pour la première fois de ma vie je compte sur elles pour dormir).

Hôtel YMCA dans le quartier de Mumbai Central

Hôtel YMCA dans le quartier de Mumbai Central

 

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2 réflexions sur “Let’s go to India

  1. Super Sarah! Merci de partager avec nous ton carnet de voyage! C’est très… parlant! On s’imagine bien ce que tu vis! Tu sais que tu es une sacrée veinarde de voyager comme ça! Allez enjoy! Bises. Karine.

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