United Souls : le 14 juillet-à-porter chaque jour.

Aimé Césaire, Rosa Parks, Simone de Beauvoir : trois occasions de porter une touche de civisme universel façon United Souls, en vente à Bayonne une veille de fête nationale…

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Le 14 Juillet, jour de fête nationale en France, on peut suivre un défilé militaire et admirer un spectaculaire feu d’artifice. En vendant des t-shirts, j’ai trouvé une autre manière de célébrer le jour où le peuple français abolissait la monarchie de droit divin pour donner naissance à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme…
Les valeurs de ce texte fondateur de notre République, la France les partage avec le reste du Monde. T-shirt « Aimé Césaire » sur le dos, la veille du 14 juillet, j’étais à Bayonne pour vendre les t-shirts et tote bag United Souls qui commémorent l’engagement de personnalités du mouvement pour les Droits Civiques.

De beaux visuels, des coupes tendance, un tissu et une confection responsable, United Souls est bien plus que cela. C’est une occasion originale de porter haut en couleurs nos droits et devoirs civiques à travers la mode : en collaboration avec différents artistes, la marque propose des portraits inédits de personnalités du mouvement pour les Droits Civiques, pour que leur histoire se transmette à travers la mode.

Chaque t-shirt et tote bag rappelle le précieux cadeau que nombre de femmes et hommes ont accordé à l’Humanité. Ce présent c’est celui de la reconnaissance des droits de personnes discriminées, minoritaires, différentes… Une reconnaissance qui conduit notre société vers plus de justice et de vivre ensemble. Là sont les fondements du mouvement pour les Droits Civiques qui, comme son nom l’indique, invite chacun de nous à prendre le train en marche.

Avec United Souls, la mode a déjà son wagon! Révision de l’histoire du mouvement à travers trois des nombreuses personnalités proposées par la marque…

Aimé Césaire, le sans culotte version 1946.

Aimé Césaire, c’est le t-shirt que j’ai choisi de porter pour la vente au marché de la rue Sainte Catherine. D’abord parce que le visuel et la coupe (homme) me plaisaient… Du personnage je ne connaissais pas grand chose à part la date de sa mort qui avait suscité de nombreux évènements culturels dans toute la France. Je n’imaginais pas à quelle point mon choix innocent était de circonstance une veille de fête nationale!

Qui a suivi le programme scolaire français connait l’histoire du 14 Juillet 1789 : c’était la prise de la Bastille, prison où étaient enfermés les prisonniers politiques, le symbole du pouvoir d’une monarchie absolue. Dans la même année naissait la République et son texte fondateur, la Déclaration des Droits de l’Homme. Un an plus tard, le peuple français qui avait pris la Bastille célébrait la fête de la Fédération. Cette fête anniversaire de la prise de la Bastille devait assurer la réconciliation et l’union de tous les français autour du roi et des députés des 83 départements de France. Presque aussitôt le pays sombrait dans la méfiance et la terreur avant de retrouver une certaine stabilité politique…

Après des droits acquis dans la lutte et le sang, d’autres héros triomphaient par la loi : bon en avant dans l’histoire de France, direction 1946, un an après la fin du nazisme…

Le 19 Mars, presque 88 ans après l’abolition de l’esclavage. Aimé Césaire, poète rendu célèbre par son « Cahier d’un retour au pays natal », Maire de Fort de France et Député de la Martinique, entérinait la fin d’autres privilèges. Sur sa proposition et avec de nombreux contributeurs, l’adoption de la Loi de départementalisation érigeait en départements les quatre plus vieilles colonies françaises (la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane). Cette loi faisait ainsi sortir les populations de ces territoires du statut colonial, une quinzaine d’année avant l’indépendance des pays d’Afrique.

« Messieurs les députés, Monsieur le ministre des Colonies, (…) Il était temps. La liberté n’est-elle pas notre passion? Cet acte élèvera la France à la hauteur de la Révolution de 1789. (…). Les quatre vieilles colonies sont la France. Même libérées, même affranchies depuis bientôt cent ans, elles se montrent bien fatiguées. C’est dire l’urgence qui pèse sur nos épaules de parlementaires en cet instant. Les travailleurs de la Martinique et des Antilles attendent depuis trois siècles, ils sont à la limite de la souffrance : agissez promptement, il en va du prestige de la France. »(extrait du discours cité dans le livre « Aimé Césaire : « Non à L’humiliation » » de Nimrod, édition Actes Sud Junior)

Aimé Césaire mettait dans l’adoption de cette loi tout son espoir d’une Martinique émancipée. La loi devait mettre fin à la Martinique tributaire d’une capitale régissant son éducation, sa santé, son évolution sociale… Bien que restée coquille vide (le statut des nouveaux départements n’ayant pas été suivi des financements nationaux nécessaires aux politiques locales), la loi de départementalisation a nourri l’espoir de nombre de résidents des départements et territoires d’outre mer qui aspirent toujours à plus de justice sociale, à l’instar des banlieues de notre métropole. Dix ans après l’adoption de cette loi, Aimé Césaire quitte un parti communiste français resté aveugle aux indispensables applications de la loi, pour fonder son propre parti, le Parti progressiste martiniquais… Aimé Césaire sera Maire de Fort-de-France jusqu’en 2001 où il renonce à son mandat. Il meurt en 2008. En 2011, à Paris, une plaque est posée en son nom dans la crypte du Panthéon, le tombeau des « Grands Hommes » français.

1956, Rosa Parks, résistante non violente aux privilèges de la couleur de peau.

Avant la vente, un détour par la médiathèque de Tarnos m’a permis d’étoffer mes connaissances en matière de Droits Civiques.

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Dans ma bibliothèque mobile, j’avais une BD sur Rosa Parks. C’est l’histoire que j’ai lue à une cette jeune passante métisse, arrêtée un moment sur mon stand (BD posée ouverte à la page de Rosa dans son bus, en haut de l’étagère d’angle en rotin).

Tandis que je discutais avec la maman de la jeune fille sur la photo et une autre femme, cette dernière s’est émerveillée de la chevelure de ma jeune recrue et s’est permise de la caresser. Sa propriétaire s’en est instantanément insurgé, avisant fermement la fautive d’un « on ne touche pas à mes cheveux! ».

Sa réaction me ramenait à mon enfance de petite métisse aux cheveux… originaux. Cette dame d’un âge mûr se serait-elle permise ce geste s’il avait s’agit d’une petite fille « blanche »? Une petite fille blanche se serait-elle offusquée de la même manière? Ce geste aux bonnes intentions apparentes pouvait-il être qualifié de raciste? J’ai souvent eu l’occasion de reprendre des camarades de classe ou des adultes qui s’amusaient à jouer avec mes boucles comme s’il était écrit sur mon front « divertissement vivant, servez-vous ». Et je remarquais qu’aucune de mes amies aux cheveux lisses n’était victime des mêmes comportements. Si ici il est plus question de cheveux que de couleur de peau, je suis persuadée qu’il reste dans notre inconscient collectif des blessures et des comportements typiques de la ségrégation raciale avec laquelle notre civilisation a vécu bien plus longtemps que la période de réconciliation que nous vivons actuellement…

La ségrégation basée sur un critère d’apparence physique, Rosa Parks l’a vécu de plein fouet et a eu le courage de lui dire non, dignement et sans violence, malgré le retour de bâton qu’elle allait subir. La BD « Le Bus de Rosa », de Fabrizio Silei et Maurizio A. C. Quarello, traduit de l’italien par Didier Zanon et Emmanuelle Beulque, raconte l’histoire du « non » de Rosa à travers les yeux d’un grand père qui vit à l’époque où Barack Obama vient d’être élu Président des États Unis. Ce grand père accompagne son petit-fils au musée Ford où est exposé le bus dans lequel Rosa Parks a refusé de se lever pour céder sa place à un homme de peau blanche. Un « NON » qui lui a couté son travail, sa maison et des menaces continuelles. Mais ce « NON » digne et responsable a aussi motivé le boycott de la compagnie de bus par toutes les noirs du pays. Un an plus tard, la compagnie au bord de la faillite licenciait de nombreux chauffeurs et, en 1956, la Cour Suprême des États-Unis déclarait illégale la ségrégation raciale dans les transports.

Dans la BD, on apprend que le grand-père était assis à côté de Rosa Parks dans le bus. Tandis que sa collègue de transport refusait de se lever, ce grand-père alors jeune travailleur des chemins de fer, avait tenté de la dissuader dans sa résistance. Aujourd’hui il avait honte de son comportement et en demandait pardon à son petit-fils en lui apprenant comment on pouvait décider ou non de monter dans le train de l’Histoire…

Simone de Beauvoir, lanceuse d’alerte d’un mouvement pour les droits civiques intemporel.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir.

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Simone de Beauvoir, c’est le dernier né de la marque United Souls à retrouver au marché de Bayonne les 17 et 24 août prochain…

Cette infatigable militante des droits des femmes nous rappelle que le mouvement ne doit cesser d’exister et qu’il incombe pour cela à chacun d’entre nous de le faire avancer.

Il fut un temps où les femmes, à l’instar des personnes à la peau noire, étaient considérées comme des meubles dont les hommes blancs pouvaient disposer à leur guise. De l’histoire ancienne? Je repense à cette victoire à laquelle cette grande Dame a contribué…

1971, Simone de Beauvoir rédige et publie le Manifeste des 343, une pétition française dans laquelle 343 femmes célèbres assument publiquement le fait d’avoir avorté dans un pays où leur acte peut leur valoir la prison.

1975, la Loi Veil encadre la dépénalisation de l’avortement en France.

2017, les élections présidentielles sont sujettes à une remise en cause de ce droit acquis pour les millions de femmes qui ont chaque année avorté en France dans la clandestinité jusqu’en 1975…

« On en est donc là, la remise en cause de l’avortement serait une opinion comme les autres. Ce qui se joue en réalité c’est comme toujours la question la place respective des femmes et des hommes dans la société : une place que certains veulent égalitaire et que d’autres envisagent plutôt comme complémentaire ». Extrait de Pourquoi reparle-t-on de l’avortement? Un texte publié le 22.01.17 sur le site de France Culture

La couleur de peau, le genre, ne sont que des prétextes. Il existera toujours une minorité victime de la domination d’une majorité ou d’un pouvoir disproportionné. Hier les noirs et les femmes luttaient et luttent toujours pour leurs droits. Aujourd’hui ce sont les handicapés, les Roms, les gens « différents », qui sont victimes de mise à l’écart et du racisme. Ce sont pourtant ces gens différents qui font la richesse de notre République et de notre civilisation.

Il appartient à chacun de nous de faire en sorte que ces victimes soient reconnues et d’apprendre de nos différences pour faire du vivre ensemble une expression qui nous tire vers plus d’épanouissement dans la diversité. Je suis convaincue qu’il s’agit ici du seul moyen de poursuivre une révolution lente et pacifiée, pour ne plus avoir à revivre les horreurs et la souffrance d’un 14 Juillet qui nous a offert la liberté dans la violence et le sang et rester digne de l’engagement des personnalités du mouvement pour les droits civiques.

La mode peut être un moyen doux et lent d’y contribuer… A nous de choisir ce que l’on porte. Et finalement, un jour de fête nationale ou un autre, nous avons au quotidien la chance de pouvoir porter nos valeurs, pour nous les rappeler et raconter l’histoire et le rêve que nous voulons suivre et partager avec autrui.

« Il faudra beaucoup de temps, beaucoup d’intelligence et beaucoup de cœur pour hisser l’humanité jusqu’à la reconnaissance d’une morale universelle, d’un code de valeurs communément admises dont les droits de l’homme constituent une première ébauche et qui, sans mettre à mal l’irréductible liberté de conscience, nous permettra de relire et de conformer nos propres comportements à l’aune de ces valeurs. Ainsi passerions-nous de l’amour de nos traditions (ce qui nous distingue) à la tradition de l’amour (ce qui nous unit). »

Extrait du livre « La loi de la jungle. L’agressivité chez les plantes, les animaux, les humains » de Jean-Marie Pelt, avec la collaboration de Franck Steffan.

Merci aux amis (Miguel, Franck et Nico) et visiteurs passés sur le stand, à United Souls de m’avoir confié ses bébés qui deviendront vite grands, à Emmaüs Tarnos pour le mobilier prêté qui a équipé le stand, la médiathèque de Tarnos pour la connaissance sur nos droits civiques, à Yohan et mes colocs (Ju, No, Nana) qui m’ont aidé à préparer cette vente, et à Christelle de l’association des commerçants de la rue Sainte Catherine de Bayonne pour l’accueil chaleureux!

Marché à retrouver les jeudis 10, 17 et 24 août à Bayonne de 18h30 à 21h…

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2 réflexions sur “United Souls : le 14 juillet-à-porter chaque jour.

  1. Billet très bien construit! Merci pour cette invitation à la reflexion, sur le thème de la discrimination dans son ensemble et à agir pour construire un monde plus juste et équitable. Bravo Sarah! RV en août…

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